« Amitiés Marseille - Diebougou au Burkina »
LA LETTRE DU BURKINA
Avril 2008
Bien chers Amis, de France et du Burkina,
Fidèle à la tradition, je rédige pour la neuvième fois la lettre annuelle de notre association pour vous informer des principaux événements qui ont jalonné l’année écoulée. En voici un bref résumé.
En 2007 nous avons été 23 donateurs soit un de plus que l’année précédente pour un montant de 2 274 € en diminution de 576 €, nous ramenant au montant de l’année 2005.
Nous avons eu à déplorer le 8-8 2007 le décès d’une donatrice de la région de Châlons-en-Champagne, Mme Josiane Loppin, à l’âge de 60 ans. Nous avons appris également la mort accidentelle, en septembre, de l’abbé Ernest-Charles Somé qui était curé de la cathédrale de Diébougou. Nous conservons leur mémoire au fond de notre cœur.
Au cours de l’année 2007, nous avons aidé à financer cinq projets. La totalité de ces aides représente la somme de 2 320 €. Nous avons eu 67,20 € de frais d’envoi.
Voici les dates d’envoi, le montant et la destination :
Le 30 mars 2007 : 400 € en direction des S.E.M. (sœurs servantes de l’eucharistie et de la mission) en faveur d’un soutien à l’auto-promotion féminine dans la région de Lingmaré qui devrait permettre de lutter contre la pauvreté en général, et améliorer les conditions de vie de 20 femmes soit 200 personnes, à raison de 10 personnes en moyenne par famille.
Ce même 30 mars 2007 : 400 € pour l’association des femmes « Ti law iéré » (échangeons pour nous aider) de Dissin secteur 5, dont la présidente est Mme Hélène Dabiré, suite à une demande en vue d’acquérir un moulin à grain. Cet achat permettrait aux femmes du village de se libérer de la tâche épuisante et fastidieuse du « pilonnage » des graines dans un mortier, pour obtenir de la farine.
Le 12 juin 2007 : 360 € ( premier versement) à destination du village de Vara en vue d’acheter des livres scolaires, suite à une demande de l’association « Pénégamé pour le développement de Vara » dont le président est Mr Adama Folio qui nous a écrit le 2 février 2007 : « Vara est un petit village où se sont regroupés des paysans en quête d’espaces cultivables… Nous avons pu construire une école à trois classes… notre village est entouré de marécages infranchissables pour des enfants de 6-7 ans et l’école la plus proche est à plus de 8 km à travers la brousse. L’objet de notre demande concerne les manuels de lecture et de calcul. Nous avons seulement 10 livres par classe pour 35 élèves en CP1, 57 élèves en CP2 et 55 élèves en CE1. Ces manuels resteront la propriété de notre école pour toutes les générations à venir.
Notre association qui est le dépositaire de ces manuels cotisera pour veiller à leur entretien et pour compléter par la suite. Il faudra donc en moyenne 60 livres par classe soit un total de 360 livres de lecture et 360 livres de calcul pour les 6 classes.
Ces manuels qui sont produits au Burkina coûtent environ 2 €. Il nous faudra donc 720 €. Merci pour la sollicitude que vous accorderez à notre demande ».
Nous avons été très sensibles à l’importance de cette demande faite par une association pour l’ensemble de la population du village de Vara. Ce qui a motivé notre décision d’envoyer un deuxième versement de 360 €, qui a été effectué le 31 août.
Ces jours ci, le 3 mars 2008, l’abbé Jean de la croix Hien, initiateur de ce projet répond par Internet à un message électronique que je lui avais envoyé quelques joursplus tôt : « Salutations cordiales et chaleureuses de l’association Pagamè pour le développement de Vara. Nous avons bien reçu les deux chèques. Nous venons de toucher le dernier avec du retard, car le curé de la cathédrale étant décédé, sa chambre où se trouvait le chèque avait été fermée. Ce n’est qu’en janvier qu’elle a été réouverte et le chéquier libéré. En tout cas, les élèves sont très heureux d’avoir leurs manuels de classe et vous remercient. Nous vous enverrons les photos par la poste car nous ne pouvons pas réaliser des photos numériques pour les joindre à ce message.Dans tous les cas, soyez sincèrement remerciés. Vous avez réalisé une œuvre historique pour le village de Vara ».
Le 30 août 2007 envoi de 300 € au profit de deux associations de femmes du village de Gora, en vue de mettre sur pied un élevage de porcs. Nous avons reçu un courrier daté du 12-1-2008 : « Chers Amis, nous avons reçu 300 €, ce qui équivaut à 195 000 frs C.F.A. Avant on faisait un élevage de porcs et malheureusement il y a eu une épidémie. De ce fait avec cette somme nous allons faire une banque de céréales car il n’a pas plu cette année. Nous voulons par cette banque éviter la famine. Alors nous vous remercions de tous vos bienfaits.
Un grand merci de notre part.
Signatures de la présidente, Céline Dabiré, de la secrétaire et de la trésorière.
Ce projet nous a été présenté par l’abbé Denis-Fernand Somda, en coopération missionnaire à Villeneuve-Loubet dans le diocèse de Nice.
Le 15 novembre 2007, notre trésorière Monique, que je remercie pour sa ponctualité et son dévouement, a envoyé un chèque de 500 € aux habitants du village de Békuy pour l’organisation d’une banque alimentaire, sous la responsabilité de l’abbé Narcisse Dabiré qui nous écrivait le 3 novembre 2007 : « Bekuy est un village bobo de Biron qui compte près de 2 300 habitants…Cette année le village est submergé par les inondations, ce qui a porté préjudice aux récoltes. Au regard de cette difficulté le groupement des veuves se tourne vers vous pour vous demander de venir en aide au village de Bekuy dont les enfants crèvent de faim. Par leur dynamisme, les veuves qui jusqu’à présent étaient qualifiées de sorcières et de mangeuses d’âmes sont vues maintenant comme un des leviers de l’essor du village ».
Le 7 mars 2008 me parvient, par l’intermédiaire de Monique notre trésorière, un message Internet de Narcisse : « J’ai bien reçu les 500 € pour le village de Bekuy. Ils ont pu acheter 50 sacs de céréales. J’ai fait regrouper les sacs et j’ai pris la photo que je vous ferai parvenir dès que possible. Toute la population est très contente et se trouve soulagée par ce geste combien salvateur.
Merci pour tout ce que toi Monique et ton association faites pour nous les Africains ».
DES JEUNES FILLES D’UNE MAISON FAMILALE RURALE SE
MOBILISENT
Cette année notre association a permis à des élèves d’une Maison Familiale Rurale des environs de Lyon de se mobiliser pour aider les jeunes filles du Centre ménager de Iolonioro, au pays Lobi. Elles ont réussi à collecter plus de 1 000 € qui ont transité par notre compte. Nous avions envoyé 600 € l’an dernier pour aider ce centre ménager à s’équiper. C’est en lisant notre Lettre d’avril 2007 qu’une monitrice de cette Maison Familiale Rurale a eu l’idée et a réussi à motiver ses élèves. Bravo ! Elles projettent un voyage au Burkina pour faire connaissance et s’impliquer dans ce partenariat. Les jeunes filles de Iolonioro confectionnent des produits artisanaux qu’elles font parvenir à leurs amies de France qui se chargent de les vendre. Et cette année, le 5 avril elles participent activement à l’organisation et à la réalisation d’une fête qu’organise l’association « Palm ‘ Africa » à l’occasion de ses 10 ans d’existence. Il est noté en bas du tract annonce :
« Les bénéfices de cette journée seront totalement reversés au centre de formation de Iolonioro au Burkina ».
Cette fête avec apéro concert a eu lieu le samedi 5 avril 2008 à L’Arbresle MFR
Elle s’esr déroulée dans une ambiance de solidarité et a permis de récolter 500 € au profit des élèves de Iolonioro.
Comment ne pas s’émerveiller de voir des jeunes se mobiliser dans un souci d’échange et de solidarité ? Comme je souhaiterais que d’autres jeunes se lèvent et prennent le relais de ces liens que nous avons tissés depuis plus de 10 ans. La mondialisation sera telle que nous l’aurons faite par nos actions de solidarité. Je suis tout à fait d’accord avec le mot de la présidente de l’association « Palm’ Africa » :
« SOLIDARITE,
Ce mot reflète le mieux l’image de notre association. Nous nous sommes investis dans cette aventure pour participer à une égalité entre chaque pays.
LIEN et RESSEMBLANCE nous ont motivé pour partager notre projet commun : un droit à l’éducation et à l’ouverture culturelle.
Nous espérons que notre aide leur permettra à eux aussi de « réussir autrement ».
Je souhaite vivement que des liens se tissent entre nos deux associations.
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Fin janvier 2008 nous avons reçu une lettre de l’association des femmes de Ligé-taw dont la présidente est Léontine Poda, nous demandant une aide pour la réfection d’une salle et de son équipement pour l’alphabétisation des femmes. J’ai tenté vainement d’envoyer un e-mail à l’abbé Thomas d’Aquin Somé qui soutient ce projet. Alors, j’ai envoyé une lette pour dire qu’à mon avis, il était possible de faire de l’alphabétisation dans une salle polyvalente servant à d’autres activités et que nous serions prêts à participer à la mise en place d’un micro-crédit ou d’une banque de céréales…
Le 4 mars nous est parvenue une lettre de Mme Hyacinthe Hien responsable du groupement féminin « Telinser » de Dano-Poulobaa : « Notre groupement compte 20 femmes, mères de plusieurs enfants. Nous avons déjà réalisé une porcherie qui marche très bien. Nous demandons une aide pour la construction d’un poulailler. Nous désirons faire l’élevage de poules parce que les gens consomment beaucoup de poulets et personne n’investit sérieusement dans ce domaine. Nous voulons essayer cet élevage… Quatre d’entre nous ont déjà suivi une formation à cet effet.
Espérant une suite favorable, nous exprimons notre sincère reconnaissance.
Amicalement. La responsable : Hyacinthe HIEN
Le 16 mars, dimanche des Rameaux, à midi votre président, assis dans son bureau a perdu connaissance. Ce n’est que deux jours plus tard, le mardi 18, à la clinique de La Casamance, près d’Aubagne, en salle de réanimation que j’ai retrouvé tous mes esprits. Notre Assemblée Générale, prévue pour le samedi 29 mars chez notre secrétaire Yves Baldy, a pu se dérouler sans moi, car j’étais alors à l’hôpital de la Timone, à Marseille, en service de neurologie. Tout est bien qui finit bien.
En mon absence, c’est Odile , notre vice présidente, qui a assuré la présidence.
Au cours de cette A.G.il a été décidé de débloquer :
300 € en faveur du projet d’élevage de poules dans le village de Poulobaa près de Dano élaboré par une association de femmes et soutenu par l’Abbé Francis Hien. Voir ci-dessus.
400 € en réponse à la demande de l’association des femmes de Ligé-taw, soutenue par l’abbé Thomas d’Aquin Somé. Voir également ci-dessus.
Notre trésorière a fait le nécessaire pour que ces sommes arrivent le plus vite possible à destination.
Dernièrement, j’ai eu l’occasion de rencontrer une infirmière de Marseille, originaire du Congo. Je lui ai demandé de nous mettre en relation avec des élèves infirmières pour voir s’il ne serait pas possible de les motiver pour des actions humanitaires en direction de dispensaires dans la région de Diébougou. Elle m’a dit qu’ à « L’Institut de formation de soins infirmiers Victoria Desjardin » à l’Hôpital St Joseph de Marseille, des élèves infirmières avaient déjà réalisé plusieurs actions humanitaires au Burkina. Nous allons essayé d’entrer en contact avec ces élèves infirmières. Nous vous tiendrons au courant. Si vous connaissez dans votre entourage des possibilités de cet ordre n’hésitez pas à nous le signaler.
Pour quelque temps, 2 ou 3 ans, nous avons l’avantage d’avoir parmi nous à Marseille un prêtre du Burkina, de Bobo-Dioulasso plus précisément, en la personne de l’abbé Jean-Prosper SANOU. Il poursuit des études à l’I.S.T.R. ( Institut des Sciences Théologiques et Religieuses) de Marseille. Il réside à la paroisse St Ferréol les Augustins à proximité du Vieux Port.
Avec toute notre amitié. Le président et tous les membres du bureau.
Le Burkina Faso, également appelé Burkina, anciennement Haute-Volta, est un pays d'Afrique de l'Ouest sans accès à la mer. Ses habitants sont les Burkinabè (mot invariable).
Le Burkina Faso est limitrophe de six pays. Le Mali au nord, le Niger à l'est, le Bénin au sud-est, le Togo et le Ghana au sud et la Côte d'Ivoire au sud-ouest.
Ancienne colonie française, la Haute-Volta obtient l'indépendance en 1960. Le nom actuel du pays (Burkina Faso) date du 4 août 1984, sous la présidence du révolutionnaire Thomas Sankara. Il signifie la patrie des hommes intègres en langues locales mooré (burkina signifiant « intègre ») et bamanankan (faso se traduisant par « patrie »)
Président : Blaise Compaoré
Premier ministre: Paramanga Ernest Yonli
Superficie : 274 200 km²
Population : 13 902 972 hab. soit 48 hab./km²
Monnaie Franc CFA (XOF)
Le Burkina Faso est l'un des pays les plus pauvres du monde. Une situation qui s'explique en partie par la faiblesse des ressources naturelles, l'aridité des sols et l'absence de mise en valeur durant la période coloniale. L'agriculture représente 32% du produit intérieur brut et occupe 80% de la population active. Il s'agit principalement d'élevage mais également, surtout dans le sud et le sud-ouest, de culture de sorgho, de mil, de maïs, d'arachides, de riz.
Dominée par le coton, dont le pays est le premier producteur au Sud du Sahara avec 700 000 tonnes en 2006 principalement tournées vers l'exportation, l'économie résiste tant bien que mal à la chute des cours mondiaux.
Le chômage entraîne un fort taux d'émigration : par exemple, trois millions de burkinabè vivent en Côte d'Ivoire. Selon la banque centrale des États de l'Afrique de l'ouest, ces migrants rapatrient chaque année des dizaines de milliards de francs CFA au Burkina Faso. Depuis les expulsions du Ghana en 1967, cette situation provoque également des tensions avec les pays d'accueil. La dernière crise remonte aux événements de 2003 en Côte d'Ivoire qui ont entraîné le retour ponctuel de 300 000 migrants. La moitié de la population du pays vit en dessous du seuil de pauvreté.
L'aide internationale contribue également pour une grande part à l'activité économique du pays.
Il convient par ailleurs de citer quelques productions minières : cuivre, fer, zinc et surtout or.
Le Burkina Faso est membre de l'Union économique et monétaire ouest-africaine et de l'Autorité de Liptako-Gourma qui est chargée de prévenir les crises alimentaires et les sécheresses par la coopération de chaque pays membre.